Fabienne Rossi, céramique naturaliste

Création
Depuis 2020, la céramiste Fabienne Rossi tire son inspiration de l’inépuisable beauté qui l’entoure, celle de la Corse. Il en ressort des céramiques organiques, sobres et délicates. Un voyage en terre insulaire.
Un article de
Laura Houeix

C’est au beau milieu du maquis, à Porto-Vecchio, que Fabienne Rossi a décidé, il y a trois ans, d’établir son atelier. Le révélateur Covid a agi sur l’attachée de presse comme un signal d’alarme, il était temps de se vouer à sa passion : la céramique. En peu de temps, Fabienne Rossi apprend ce nouveau métier, transforme sa vie parisienne en refuge corse et se forme de manière intensive auprès de Noémie Niddam Hosoi. Si l’imaginaire de la nouvelle céramiste est imprégné des formes du design danois, des galbes des sculptures de Brancusi et Arp, de la cuisine italienne ou encore de la culture japonaise, sa première source d’inspiration est avant tout la nature. Un monde végétal qu’elle connaît sur le bout des doigts pour y avoir vécu jusqu’à ses 18 ans. Ces paysages luxuriants et contrastés sont à la fois une source d’images toujours renouvelée et une part intime de l’identité de celle qui s’est toujours émerveillée face à ce foisonnant spectacle naturel.

Indépendante à Paris pendant vingt ans, Fabienne Rossi a fait le grand saut du changement de vie pour dialoguer avec la matière et retrouver sa terre natale.  
Elle crée des pièces subtiles, entre art et artisanat. Vases à partir de 40 €. 

Eau, terre et rochers

Dans la transparence bleutée de l’eau, dans les nuances de la mousse sur le granit, dans ces couleurs terreuses qu’offrent les montagnes et falaises corses, dans la lumière parfois éblouissante du soleil méditerranéen, l’ancienne étudiante en architecture puise à l’infini. Son travail en atelier est souvent précédé de longues marches dans le maquis. Contemplant la roche rouge de Scandola, la craie blanche des falaises de Bonifacio… pour trouver ce qui se transposera en un émail éclatant, un grès rouge, noir, gris ou blanc ou encore une porcelaine. La tête remplie de ces éléments organiques, Fabienne Rossi laisse alors le corps faire, les mains dans la terre, animée par le mouvement hypnotique du tour qui réclame à la fois force et douceur. 

Formes, couleurs… tout est possible, sur commande. Assiettes à partir de 36 €, plats et plateaux à partir de 60 €. 
Inspirées par les bleus de la Méditerranée, les verts des lichens sur les rochers, les ocres de la terre : dans les céramiques de Fabienne Rossi résonnent les paysages corses.

De la beauté des choses utiles

Le résultat semble être une transposition sensorielle des paysages de l’île. Assiettes, bols, tasses, vases et objets destinés à accueillir ce qui leur ressemble, linguine, brocciu, herbes aromatiques ou quelques fruits. L’élégance, la simplicité et la délicatesse des pièces en feraient presque oublier leur dessein. Les céramiques de Fabienne Rossi se veulent uniques mais aussi fonctionnelles, pour mettre de l’esthétique dans le quotidien. Plusieurs restaurants y dressent d’ailleurs leurs créations culinaires : Cyril Lignac au Bar des Près à Paris, Jean-Louis Nomicos également à Paris ou encore Fabio Bragagnolo au Casadelmar à Porto-Vecchio. Si Fabienne Rossi répond principalement à des commandes, elle aimerait prochainement se consacrer à des créations et pourquoi pas élargir sa palette en réalisant des appliques, des vases… toujours infusés de beauté corse !

À Porto-Vecchio, en pleine nature, la céramiste a installé son atelier où elle travaille le grès et la porcelaine.
La science des émaux

L’un des moments les plus mystérieux dans la création d’une céramique est la cuisson des émaux. En effet, même très bien maîtrisés, ils offrent toujours leur lot de surprises : c’est un paramètre souvent pris en compte et apprécié par les connaisseurs. En quoi consiste l’émaillage ? Une fois la pièce de terre tournée, tournassée (lissage et finition) puis cuite une première fois à basse température, la céramiste applique un émail, un liquide visqueux qui a la propriété de se vitrifier à haute température. Il est principalement composé de silice, de fondant et d’alumine. La couleur est créée par l’ajout d’oxydes. Cette technique, également appelée glaçure, permet à la fois d’imperméabiliser la pièce, de la rendre plus durable mais aussi d’obtenir une surface brillante ou plus mate, des effets de craquelure, de transparence et de couleur.  

L’un des moments les plus mystérieux dans la création d’une céramique est la cuisson des émaux. En effet, même très bien maîtrisés, ils offrent toujours leur lot de surprises : c’est un paramètre souvent pris en compte et apprécié par les connaisseurs. En quoi consiste l’émaillage ? Une fois la pièce de terre tournée, tournassée (lissage et finition) puis cuite une première fois à basse température, la céramiste applique un émail, un liquide visqueux qui a la propriété de se vitrifier à haute température. Il est principalement composé de silice, de fondant et d’alumine. La couleur est créée par l’ajout d’oxydes. Cette technique, également appelée glaçure, permet à la fois d’imperméabiliser la pièce, de la rendre plus durable mais aussi d’obtenir une surface brillante ou plus mate, des effets de craquelure, de transparence et de couleur.  

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Crédit photo :
DR
Article paru dans le n°
12
du magazine.

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